02.09.2008
Otages...
En me rendant ce matin à pied à mon travail, je suis passé devant l’hôtel de ville de Paris. Le portrait d’Ingrid Betancourt a disparu depuis longtemps, mais il reste un appel affirmant que Paris demande la libération de tous les otages à travers le monde. La municipalité s’est particulièrement mobilisée pour le soldat franco-israélien Gilad Shalit. Libération, au cours du mois d’août, a proposé quotidiennement des portraits d’otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), souvent des militaires présentés de manière extrêmement sympathique : ce sont des pères de famille, des fils aimants, etc.
Qui peut, un instant, ne pas souhaiter la libération de personnes retenues contre leur gré ? Et pourtant, ce matin, cette référence aux otages m’a particulièrement gêné. Je me suis plongé dans le dictionnaire historique de la langue française dirigé par Alain Rey (Robert). Le mot « otage », à l’origine, a signifié « logement, demeure » ; puis, par extension, il a désigné « l’hôte que l’on garde, la personne retenue comme garantie de l’exécution d’une promesse, d’un traité ». « Par extension, le mot s’applique à toute personne dont on s’empare et que l’on utilise comme moyen de pression, de chantage ; cette acception est d’époque révolutionnaire (1793). » Depuis, le sens du mot n’a pas changé.
Pourtant, son usage a fortement varié. Appelait-on « otages » les prisonniers américains capturés par le Front national de libération sud-vietnamien ? Les prisonniers français capturés par le Front de libération nationale (FLN) algérien ? Je ne le crois pas. Bien sûr, les Farc, comme d’autres groupes révolutionnaires, enlèvent aussi des civils. C’est, à n’en pas douter, condamnable. Comme l’est l’usage de la violence contre des civils, souvent qualifié de terrorisme, terme (qui suscite bien des discussions).
Mais ce dont on ne parle jamais, c’est la violence d’Etat. Les massacres russes en Tchétchénie, les bombardements américains indiscriminés en Irak ou en Afghanistan, les violences contre la population palestinienne, ne sont-ils pas un terrorisme d’Etat ? Ne méritent-ils pas une condamnation au moins aussi vigoureuse que celle qui frappe les actes des groupes non étatiques ? Les Etats ont des obligations qui découlent de la signature d’une multitude de conventions internationales, et il est criminel qu’ils violent ces obligations.
Revenons sur les otages. Le terme est appliqué au soldat Gilad Shalit. Pourquoi ne l’est-il pas aux 10 000 prisonniers palestiniens enfermés en Israël ? Mais certains ont du sang sur les mains, rétorquera-t-on. Et les soldats israéliens ? N’ont-ils pas de sang sur les mains ? D’autre part, parmi les prisonniers palestiniens, on compte nombre de prisonniers de conscience. Certains sont purement et simplement des détenus « administratifs » emprisonnés sans jugement. Ne pourrait-on pas les qualifier d’otages ?
Enfin, il faudrait rappeler le cas du Franco-palestinien Salah Hammouri, condamné par une justice israélienne aux ordres à sept ans de prison. Le gouvernement français ou la mairie de Paris sont-ils intervenus en sa faveur ?
Au-delà de cette question, il faudrait aussi parler de la violence. A lire les médias, seule la violence d’Etat serait légitime, même si, ici ou là, elle provoque quelques « dommages collatéraux ». Pourtant, faut-il rappeler que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 affirme, dans son article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » ? Ceux qui résistent les armes à la main à la dictature, à l’occupation étrangère, à l’oppression, ont-ils toujours tort ? Rappelons que Nelson Mandela avait été condamné pour « terrorisme », et qu’Amnesty International avait refusé de l’adopter comme prisonnier de conscience ; que Ronald Reagan et Margaret Thatcher considéraient le Congrès national africain (ANC) comme une organisation terroriste.
Un dernier mot sur la violence. Dans l’antiquité, Rome était une société bien policée, surtout si on la compare aux « barbares ». Les œuvres de ses poètes, de ses philosophes, de ses hommes de théâtre, de ses historiens, sont parvenues jusqu’à nous. Et ses élites s’indignaient bien sûr de la « barbarie » de Spartacus et de ses gladiateurs, hommes de peu...
Alain Gresh
18:48 Publié dans Monde, Police, armée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La marine israélienne tire sur des bateaux palestiniens avec des pêcheurs et des pacifistes à bord
Date : 09-01-2008
À 9 h 45 ce matin lundi 1er septembre (CEST), nous apprenons que plusieurs navires israéliens ont tiré sur un bateau de pêche palestinien avec six militants pacifistes de "Free Gaza" à bord. Les militants ont appelé depuis le bateau. Au bout du fil, à Chypre, on dit avoir perçu les coups de feu en arrière-plan. Le bateau était parti pêcher à l’aube, les passagers ne sont pas armées et se trouvent dans les eaux de Gaza. [...]
(Au large de la côte de Gaza) 1er Septembre 2008 - Des navires de la marine israélienne tirent en ce moment sur des bateaux de pêche palestiniens non armés et avec à leur bord, des militants internationaux des droits de l’homme, au large de la bande de Gaza. Les bateaux de pêche sont à plusieurs milles au large de la côte de Gaza, dans les eaux territoriales palestiniennes. A 11h (4 heures HNE), personne n’a été blessé, mais des balles réelles sont encore tirées en direction des bateaux civils.
Les bateaux non armés ont pris la mer à l’aube ce lundi matin, pour tenter de pêcher dans leurs propres eaux. Six internationaux militants des droits de l’homme de cinq pays différents accompagnent les pêcheurs dans l’espoir que leur présence dissuaderait l’armée israélienne de tirer sur les pêcheurs. Dans le passé, l’armée israélienne a tué par balle des pêcheurs palestiniens non armés pour avoir tenté de pêcher dans leurs propres eaux.
Les accompagnant des pêcheurs sont les suivants :
Vittorio Arrigoni, Italie
Georgios Karatzas, Grèce
Adam Qvist, Danemark
Andrew Muncie, en Écosse
Donna Wallach, États-Unis
Darlene Wallach, États-Unis
S’il vous plaît, informez immédiatement les médias, communiquez avec votre ambassade à Tel-Aviv, et appelez le gouvernement israélien. Dites leur de cesser de tirer sur des pêcheurs non armés et les observateurs des droits de l’homme, non armés.
APPEL :
Le ministère israélien des Affaires étrangères : Tél. 972 2 530 3111
L’ambassade britannique à Tel-Aviv : 972 3 725 1222
L’ambassade des États-Unis à Tel-Aviv : 972 2 625 5755
Pour de plus amples renseignements, merci de contacter :
(en mer, au large de la côte de Gaza) Vittorio Arrigoni, 972 598 826 516
(en mer, au large de la côte de Gaza) Donna Wallach, 972598 836 420
(Chypre) Greta Berlin, 357 99 081 767 / iristulip@gmail.com
(Chypre) Oussama Qashoo, 357 97 793 595
Le récit de Vittorio Arrigoni sur les tirs israéliens
09-01-2008
"Lorsque, à une distance estimée par le capitaine de notre bateau de pêche à 7 milles marins de la côte, nous avons lancé nos filets de pêche et commencé la pêche, des navires de guerre israéliens se sont précipités pour atteindre notre position.
L’un des navires de guerre placé à une distance d’au moins 200 mètres de notre bateau de pêche a ouvert le feu dans notre direction au moins 4 fois durant la journée. C’était un tir d’intimidation dirigé vers l’eau, mais certaines rafales ont presque touché la coque de notre bateau. Un tir au canon nous a presque atteints. La tentative d’obtenir un contact radio a été vaine. Les soldats sur le navire de guerre israélien ont ordonné en utilisant des mégaphones l’évacuation de la zone. Et après cela ils tiraient. Parfois ils tiraient avant d’avoir donné les ordres. Une fois, ils ont tiré sur nos filets de pêche et ont essayé de les endommager.
Malheureusement, notre grande erreur a été de ne pas avoir pris avec nous nos appareils photos et nos caméras vidéo que, de concert avec des mégaphones pour être utilisés exactement comme ils le font, je considère essentiels pour nos prochaines missions de pêche.
En dépit de ces mesures d’intimidation, la pêche a été riche et profitable, nous avons ramené à terre des quantités de poissons dix fois plus gros que la norme habituelle des pêcheurs palestiniens. "
* Vittorio Arrigoni
Les militants des droits de l’homme accompagnent les pêcheurs de Gaza ce lundi
Gaza (1 Septembre 2008) - Les observateurs des droits de l’homme du Free Gaza Movement et du Mouvement de Solidarité Internationale (ISM) lancent une campagne pour surveiller l’agression de la marine israélienne contre les pêcheurs de Gaza.
Selon un récent article du Guardian, "Selon les accords d’Oslo, lesquels en 1993 étaient censés annoncer la venue d’un indépendant État palestinien, les pêcheurs de Gaza ont été autorisés sur 20 milles marins en mer, à pêcher la sardine lors de sa migration depuis le delta du Nil jusqu’à la Turquie au cours du printemps. Mais les navires de guerre israéliens ces dernières années ont imposé leurs propres limites, plus réduites, parfois moins de moins de 6 milles."
Israël renforce ces limites arbitraires par une violence meurtrière. Beaucoup de pêcheurs ont ainsi été tués ou blessés. Il y a 3 jours seulement, 4 pêcheurs ont été attaqués et "arrêtés" par des canonnières israéliennes.
Ce lundi matin, les militants des droits de l’homme du Free Gaza Mouvement accompagneront les pêcheurs de la ville de Gaza pendant leur sortie, afin de faire valoir leurs droit de pêche dans leurs propres eaux côtières. L’objectif de ces internationaux sera d’enregistrer et d’informer sur le harcèlement continu des pêcheurs palestiniens et l’arbitraire des attaques et menaces qu’ils subissent. Il faut espérer que leur présence pourra également agir comme une forme de dissuasion à ces abus.
La portée de la campagne s’étend au-delà de la ville de Gaza, tout au long la côte de Gaza. Les militants des droits de l’homme peuvent être présent sur n’importe quel bateau de pêche de Gaza à tout moment à partir de maintenant. Les bateaux sur lesquels ils sont présents ne seront pas spécialement signalés.
Pour plus amples renseignements, s’il vous plaît contacter :
(Gaza) Vittorio Arrigoni, 972 598 826 516
(Gaza) Donna Wallach, 972 598 896 420 / FriendsOfGaza@gmail.com
(Chypre) Oussama Qashoo, 357 97 793 595 / OsamaQashoo@gmail.com
Free Gaza Movement - Traduction : GD
Source : Info Palestine
08:58 Publié dans Gaza, Israël, Police, armée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Regain de tension entre le Hamas et le Fatah : les incarcérations arbitraires de journalistes se multiplient
Reporters sans frontières renouvelle son appel aux responsables politiques palestiniens pour qu’ils mettent un terme aux vagues d’arrestations des professionnels des médias, alors qu’au moins quatre journalistes sont incarcérés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
"La lutte politique entre le Hamas et le Fatah a causé d’importants dégâts au sein de la presse nationale. De nombreux médias ont été fermés dans les Territoires palestiniens et des dizaines de journalistes ont été interpellés. En l’absence d’Etat de droit, ces derniers n’ont aucun recours face à ces agressions. Mahmoud Abbas et Ismaël Haniyeh ne peuvent pas rester silencieux face à une telle situation. Il y va de leur propre intérêt de garantir des espaces de liberté d’expression", a déclaré l’organisation.
Reporters sans frontières demande la libération des journalistes emprisonnés. Waddah Eid, collaborateur occasionel du site Internet aljazeera.net, est détenu depuis le 17 juillet 2008. Bien qu’aucun motif d’inculpation n’ait été fourni à ce jour, son arrestation serait liée à ses publications dans certains médias considérés comme proches du Hamas. Il a été incarcéré après avoir répondu à une convocation dans les locaux de la Sécurité préventive, organe des services de sécurité de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. L’organisation est également sans nouvelles de Farid Hamad, correspondant du quotidien Al-Ayyam, depuis son arrestation, le 29 juillet 2008, à son domicile à Salwad (près de Ramallah).
De son côté, Awad Al-Rajoub, correspondant permanent du site Internet aljazeera.net, a été libéré le 28 août 2008, après avoir passé près d’un mois en détention sans qu’aucune charge soit retenue à son encontre. La Cour suprême palestinienne avait déclaré sa détention illégale suite aux pressions d’organisations palestiniennes de défense de la presse et des employeurs du journaliste. "Je suis resté vingt-six jours en cellule d’isolement, dont seize dans de mauvaises conditions. Je n’avais pas droit à un matelas, je dormais à même le sol. (...) J’ai été interpellé en raison de mon travail. Je pense que je ne pourrai plus traiter des sujets auxquels je me consacrais auparavant, parce qu’ils sont devenus tabous, ce qui montre à quel point la liberté d’expression s’est détériorée dans les Territoires", a affirmé Awad Al-Rajoub à sa sortie de prison. Il avait été interpellé le 29 juillet 2008 dans les locaux du Centre arabe des médias à Hébron (Cisjordanie) par des membres des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Son ordinateur et des documents de travail avaient été saisis à cette occasion.
Dans la bande de Gaza, plusieurs journalistes, accusés d’être des partisans du Fatah, avaient été arrêtés par les forces armées du Hamas suite à un attentat à la voiture piégée survenue le 25 juillet 2008. Deux d’entre eux, Fouad Jarrada, de la télévision officielle (Palestine Broadcasting Corporation), et Amro Farra, correspondant de l’agence de presse officielle, sont toujours privés de liberté. Par ailleurs, Imad Eid, directeur de l’agence de presse Maan et correspondant de la chaîne de télévision libanaise Al-Manar, a été brièvement interpellé, le 29 juillet 2008, suite à la publication d’une dépêche concernant la fermeture par le Hamas de locaux appartenant au parti de Mahmoud Abbas.
Dans sa liste des "Prédateurs de la liberté de la presse", publiée en mai 2008, Reporters sans frontières a inclu, pour la première fois, la branche armée du Hamas, à Gaza, et les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, en Cisjordanie.
Source : RSF
08:53 Publié dans Fatah/Hamas, Liberté de la presse, Palestine, Police, armée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









